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lundi 17 juillet 2017

Femmes, Solidarité, Cheveux afros Etc...



Cet article dort dans mes brouillons depuis une éternité! J'écris, j'efface...je relis...
Je pense que cet article me tient beaucoup à coeur  et c'est la raison pour laquelle il sort un peu plus péniblement.
Je n'avais pas envie de l'écrire sur le coup de l'émotion, quelle qu'elle soit.

Je navigue dans le milieu du cheveu afro au naturel depuis un certain nombre d'années maintenant et plus largement dans le monde afro artistique ou militant.

J'y ai rencontré ou croisé de nombreuses personnes. J'ai pu aussi y observer pas mal de choses qu'elles soient positives ou négatives. Les belles découvertes ont été nombreuses sur bien des aspects.

Malheureusement, les déconvenues et déceptions ont aussi été très/trop nombreuses.

Toutes ces choses observées l'ont été aussi bien chez les autres que dans des relations que j'ai pu avoir de près ou de loin avec certaines personnes.

Il est temps pour moi de tirer un premier bilan de ces observations. Car comme dans le monde du travail, dans les familles, il est possible de distinguer plusieurs grands types de comportements ou de personnes. Et malheureusement encore, tout au long de ces années les mêmes erreurs ont été répétées.

L'une des choses qui m'intrigue le plus, c'est la place de la femme dans ce "phénomène", "tendance" ou je ne sais quoi d'autre, relatif à l'engouement pour les cheveux afros.

Ce dont il est question dans le présent article est donc la place des femmes afros descendantes, leur rôle et la manière dont elles interagissent entre elles et en particulier dans la NappySphère.

Je pense que cet article tombe à pic avec cette tendance au revival du féminisme et plus particulièrement de l'afro féminisme, de l'importance de l'estime de soi et tout ce qui va avec.

D'ailleurs, pour ouvrir et fermer rapidement la parenthèse, cette histoire d'Afroféminisme est un concept que je ne pense pas maîtriser. J'ai comme l'impression, de par mes lectures, que tout le monde ne s'entend pas sur ce qu'est l'Afroféminisme, son origine et surtout ce qu'il englobe.
Rien ne vous empêche de vous faire votre propre opinion et surtout vos propres recherches (évidemment en voyant plus loin que les portes drapeaux médiatisés du féminisme...).

Pour en revenir à notre sujet initial et je le répète à nouveau, il s'agit ici d'exposer mes observations, mon expérience...

Les femmes et leur rôles dans la mise en valeur du cheveu crépu

Je ne vais pas refaire ici l'histoire de l'évolution récente du mouvement de retour au naturel...

Il s'agit de répertorier sommairement tous les supports d'information que l'on peut trouver ainsi que les initiatives qui ont vu le jour ces 15 dernières années. Cela permettra de voir l'évolution et faire le point sur ce qui se passe aujourd'hui.

Evidemment je n'aborderai que ce qui se passe en France car j'y réside. Même si ce qui se passe ici a une forte connection avec les USA en matière de tendance.

Tout d'abord, il faut noter qu'internet et ses mutations ont mécaniquement impacté les acteurs et les initiatives.

Etape 1
Forums de discussion et livres :
Des personnes (des femmes majoritairement) en recherche d'information, se sont regroupées sur des forums de discussion afin d'échanger leurs astuces, mais aussi de discuter sur une problématique qui les concernait.
Il était reproché un manque de professionnalisme des coiffeurs afro et les USA en terme de produits et de techniques de coiffures étaient la source principale.
Les livres auxquels se référer étaient majoritairement en anglais, jusqu'à la parution du livre de Juliettes Smeralda "Peau Noire Cheveux Crépus, Histoire d'une aliénation".

Ce livre est vite devenu la bible de nombreuses Naturalistas et surtout à ouvert les débats sur l'origine du défrisage systématique des cheveux crépus. Tout cela dans une période mouvementée post loi Taubira.

Etape 2
Les événements dits internationaux comme Boucles d'Ebène ont poussé un peu plus loin grâce à un rassemblement sur plusieurs jours des acteurs professionnels ou non dans le domaine du cheveu afro. Ce rdv, à l'époque, (mais plus maintenant) permettait de discuter sur les thèmes culturels ou historique et artistiques.

Etape 3
Les réseaux sociaux :
Leur arrivée à clairement changé la donne et "boosté" auprès du public les informations concernant les cheveux afros, mais surtout la manière de les entretenir.
Tout d'abord les vlogs ont permis d'être plus précis dans les explications et dans le partage des expériences personnelles.
Les blogs ont évolués, mais c'est surtout la manière de partager qui a évolué. Une connection est plus forte entre l'auteur(e) et le lecteur/follower.

L'apparition des premières gammes spécifiques aux cheveux afro naturels : 
A un moment, elles se comptaient sur les doigts d'une main. Et puis certaines apparaissaient pour disparaître aussitôt.
Mais en tout cas, fini de devoir faire les commandes groupées ou payer des frais de ports impossibles! Même si trouver certaines marques reste quand même une chasse au trésor par moment.
Heureusement, plus en plus de marques sont disponibles et surtout font de plus en plus attention à leur composition et leur efficacité sur cheveu afro naturel.

Il est important de noter que pour la très grande majorité, ces gammes sont à l'initiatives de femmes pour la plupart déjà mamans. Les porteurs de projets d'événements sont aussi majoritairement féminins.

Etape 4
Mutation des réseaux sociaux :
Les réseaux sociaux sont de plus en plus présents et utilisés, et surtout certains se démarquent par leur nombre de followers mais aussi les marques qui les sponsorisent.
De nouveaux supports arrivent tels que Instagram.
La manière de publier diffère aussi et le contenu devient de moins en moins technique. Il s'agit plus de montrer les résultats et de se diriger vers un aspect purement esthétique (publication mode et maquillage de plus en plus fréquent et moins de cheveux...)
Pendant ce temps, les gammes spécialisées sont toujours confidentielles et les coiffeurs afro spécialisés peu (re)connuset peu visibles.

Entre l'étape 2 et l'étape 3, de plus en plus d'événements voient le jours , qu'ils soient à l'intiative de blogueurs, de marques ou de créateurs d'événements.

Toutes ces choses imbriquées, évidemment, révèlent des ego, des tensions et des incompréhensions.
Des événements se retrouvent en doublon, certains sont même en collision dans l'agenda.

Le point essentiel a remarquer dans tout cela est que la grande majorités de ces initiatives est portée par des femmes. Ce qui m'amène à la réflexion sur le point suivant.

Les femmes et la solidarité

Une solidarité existe, elle est d'ailleurs souvent le moteur de toutes ces initiatives, mais ses contours doivent être plus clairs et surtout il y a un gros travail d'égo à faire.
Est-ce lié à la nature humaine? Est-ce lié à notre ère contemporaine qui mise sur la notoriété, ce besoin de reconnaissance?

Force est de constater que cela a des conséquences : souvent les sourires sont de façcade et les trahisons courantes. D'une part certains cherchent à conserver leur statut et font en sorte de faire le ménage afin d'éviter la concurrence.
D'autres, les dents rayant le parquet, sont prêts à tout pour se faire une place au soleil.
Certains autres naïfs se font broyer ou sont découragés et abandonnent...

Et puis il y a aussi ces non dits, ou incompréhensions car personne ne veut faire le premier pas...ou qu'en face la critique n'est pas acceptée...

Paradoxalement, ces derniers temps nous assistons à un "revival"du féminisme, il va être reproché aux hommes leur ego et leur fierté un peu surdimentionnée...reproché à la société de ne pas laisser sa place à la femme ou du moins de lui assigner une place qu'elle ne désire peut être pas.

En tout cas, côté égo mal placé, de ce que j'ai pu observer, les femmes ne sont pas en reste...

Solidarité affichée vs solidarité réelle

En voguant par-ci par-là j'ai pu observer, voir, entendre de réels cas de non solidarité. Des crasses, des mensonges, de la diffamation, de l'égoïsme...

Cette non solidarité que j'évoque se traduit simplement par exemple par le fait que certains événements font doublon, dans le sens ou il aurait été possible d'unir les forces pour faire réellement changer les choses au sein de la communauté afro et surtout dans le monde des cosmétiques ou professionnels de la coiffure.

Le constat est là : malgré la taille de certains événements : ou sont passés les professionnels de la coiffure? Pourquoi si peu de visibilité pour les cosmétiques adaptées en dehors de ces événements?
Pourquoi dans certaines initiatives, les personnes qui savent vraiment, qui ont l'expertise dans un domaine ne sont pas invitées, voir mises en avant afin que le public puisse continuer à être informé et affûte son discernement pour faire des achats conscients?

La vrai solidarité aurait été de s'unir sans regarder les aspects personnels ou de personnalité, car la solidarité veut que l'on se mette d'accord sur un objectif à atteindre.
En façade tout le monde veut la même chose, mais chacun veut faire à sa manière ou chacun veut en retirer la gloire.
Mais il s'agit là d'intérêt public qu'on le veuille ou non. Et il semble que cela n'est pas encore compris par suffisamment de monde....

Car à défaut de le répéter : Aimer sa chevelure crépue est aussi un acte militant!

Un acte qui nous permettra de survivre économiquement ou du moins de ne pas se laisser manger tout cru! Qui nous permettra de préserver notre santé et celle de nos enfants! De préserver la diversité des cultures du monde afro et surtout de ne pas laisser s'éteindre notre mémoire. Qu'on le veuille ou non, nos cheveux sont des éléments de transmission de nos cultures, de nos histoires, d'éducation.

Arrêtons les événements et annonces cosmétiques. Arrêtons de poser des pansements qui ne sont pas à la taille de nos blessures.
Arrêtons de construire du creux, des panneaux qui ne cachent que la misère.

Apprenons à entendre les choses, à aiguiser notre vision et voir plus loin que le bout de notre nez.

Appliquons la solidarité, la vraie. Ou à défaut laissons les autres construire leur bout de chemin. Il y a de la place pour tout le monde.

Pour finir...
Il ne s'agit pas ici de dire que ce "petit" monde majoritairement animé par des femmes est mauvais, car j'ai aussi vu des merveilleux moments de partages, d'échanges, de réelle avancée main dans la main. Des rencontres qui ont abouti ou aboutiront à des projets magnifiques.

Et la conclusion de cet article justement est de mettre en lumière le travail effectué depuis toutes ces années par tant de femmes aux parcours tellement différents.
Certaines se sont lancé dans de nouvelles aventures laissant un travail supposé intéressant, mettant en péril l'équilibre familial.
Certaines sont seules avec plusieurs enfants. D'autres ont des soucis de santé que l'on ne peut soupçonner, mais gardent le sourire et sont même de sacrées locomotives!

Si le secteur du cheveu afro bouge, c'est aussi et surtout grâce aux femmes qui n'ont pas peur du changement et souhaitent le meilleur pour les générations futures.

Toutes ces femmes refusent la place que la société actuelle veut leur réserver. Elles sont là pour casser les codes et créer de nouvelles valeurs.

A nous de soutenir ces initiatives, femmes comme hommes. A nous de creuser, de faire preuve d'esprit critique et d'initiative et éviter les coups d'épée dans l'eau.

Donnons une nouvelle définition et un nouveau visage à la solidarité.

#CAPILLOPHAGIE




Ce terme n'existe pas à ma connaissance...
A quoi ce terme fait-il référence?

En fait, il prend racine dans deux autres définitions (je vous laisse chercher les définitions si elles sont floues pour vous) :
Anthropophagie
Aérophagie

Ce terme est venu comme un pop-up dans mon cerveau. Il s'est mis à tourner et tourner comme si je devais en tirer quelque chose.
Il est là à me suivre depuis les mois d'avril-mai.

Je me suis décidée à poser ces mots en juin car tout était devenu clair.

Voici ce à quoi la #Capillophagie renvoie:

Définition 1
Le fait de vouloir tout dévorer sur son passage, de vouloir tout balayer et s'approprier comme si rien n'existait avant. Oublier que du chemin a été débroussaillé et que ce chemin a été pavé difficilement, permettant aux suivants de marcher sans avoir à forcer.

Le plus grave est de vouloir s'approprier des choses et les vider de leur substance. De les rendre tellement vide que cela invisibilise ce qui a été fait avant. Ne permettant pas aux nouveaux venus de s'armer psychologiquement et culturellement. Ne le permettant pas de s'ancrer dans le sol et faire leurs racines s'épanouir.

L'autre chose, est de minimiser le travail de professionnels de la coiffure, qui eux rendent un vrai service au quotidien et un accompagnement éclairé.

Pire encore, cette coque vide et surtout fragile, est friable et permet aux ennemis ou du moins à ceux qui ne nous veulent pas du bien de rentrer et s'approprier les fruits d'un long travail mémoriel, culturel et technique. J'entends par là, par exemple des grands groupes industriels qui n'ont que faire de notre santé, et qui ne cherchent qu'à étendre leur tentacules. Il y a le géant des géant, mais pas que. Il y a ceux qui arrivent déguisés avec un packaging étudié pour, des cadeaux pour mieux amadouer les uns et les autres. Et puis il y a ceux qui surement font de l'espionnage industriel et s'accaparent le travail de jeunes entrepreneuses dans les cosmétiques qui ont mis leur coeur dans leur gamme...

Lorsque nous nous rendons compte après cela que nous nous sommes faits avoir, nous crions au scandale...à l'appropriation culturelle ou que sais-je d'autre...

Ce type de #Capillophagie n'est pas faite pour durer, car à un moment arrive l'indigestion, ou même la pénurie : que faire lorsqu'il n'y a plus rien à manger? Quel avenir envisager?

Définition 2
La phase d'indigestion est déjà là, les signes sont déjà bien présents et bien gênants.
Il y a eu cette phase ou les yeux sont plus gros que le ventre. Les ambitions personnelles ont pris le dessus sur l'intérêt général. Les actions menées sont donc désordonnées, et mal comprises.
Il y a ce désir d'être partout à la fois tout en étant nul part à la fois.
De ce fait, personne ne vous identifie et n'est capable de mesurer le travail réellement accompli.
Mais vous persistez tout en ne sachant pas ou vous souhaitez aller...
Comme beaucoup de période d'indigestion, si vous ne faites pas une diét' ou même une purge, vous êtes voués à tomber malade, et dans notre cas précis, à des dysfonctionnement graves avec risque de disparaître.

Là encore les acteurs principaux sont relayés au second plan, aucun lien, aucun rapprochement ne se fait entre les différents acteurs...le but étant d'être soi même au centre des attentions...

Ce type de #Capillophagie ne dure pas non plus...

vendredi 7 octobre 2016

Changer les règles...




En fondant l'association après près de 10 ans à m'agiter sur le net auprès de mon entourage ou en soutenant certaines action, j'avais pour ambition et non pour rêve de changer les règles.

Le combat semblait perdu d'avance, ne serait-ce que pour faire comprendre les raisons de ce besoin de changement qui n'était pas seulement nécessaire pour moi, mais aussi pour l'ensemble des afro descendants et de nos enfants.

La première étape à franchir (et qui maintenant semble évidente à beaucoup) était de faire comprendre que la pratique du défrisage systématique n'était pas normale. Que cette pratique avait des origines historiques et culturelles fortes. De plus, d'un point de vu sanitaire, il y avait franchement plus sain et moins dangereux.

Dans le même temps, il fallait faire comprendre qu'économiquement cette pratique ne nous était pas favorable et même expliquer le circuit de distribution et la destination de l'argent investi dans ces pots n'était pas aisé.

Heureusement, le contexte est vite devenu favorable avec le vote de la loi Taubira, les réflexions de plus en plus nombreuses et surtout ouvertes sur l'histoire de la diaspora afro et l'émergence du net (forum, blogs, site internet, événement).
Il ne faut pas nier l'impact qu'a eu le livre "Peau Noire Cheveu Crépus, Histoire d'une aliénation" de Juliette Sméralda, qui expliquait de manière détaillée et illustrée la relation paradoxale que les noirs entretiennent avec le cheveu crépu.

Au fil des années, le mouvement dit Nappy a grossi et fini par exploser principalement avec les nouveaux médias sociaux : Youtube et Facebook.

Les marques ont fini par suivre le mouvement, de force, et surtout de nouvelles marques ont émergé proposant des produits plus qualitatifs, plus sains  et mieux adaptés.

Des événements se sont bâtis sur le thème du cheveu naturel et ont depuis rassemblé des milliers de personnes, ce qui était inimaginable il y a 15 ans tant il était compliqué de faire comprendre que le cheveu crépu non lissé passe tranquillement au boulot, pour trouver un homme ou tout simplement face au miroir!

Je reviendrai surement dans des articles ultérieurs sur les différentes vagues qu'a connu ce mouvement du "retour au naturel" et certains thèmes ont déjà été abordés ici.

Mais ce que j'en observe ces 3 ou 4 dernières années m'inquiète un peu...

Je vais prendre l'exemple de ce que j'observe dans le "Bio" car je trouve les deux trajectoires similaires et que les périodes d'explosion sont à peu près pareilles.

Il devient de plus en plus normal pour les ménages d'acheter des produits bio (quelque soit le domaine, alimentation, cosmétiques etc). Les consommateurs sont de plus en plus vigilents et demandent un droit de regard ou des réponses à leurs questions.
Tout cela n'a pas échappé au grands groupes alimentaires et cosmétiques qui proposent tous maintenant des produits ou gammes labéllisés (tout en exerçant leur rôle de lobby pour que les règlent penchent un peu plus en leur faveur donc réduire les exigences des réglementations bio...).

Les gammes de produits s'élargissent et notamment dans l'alimentaire et il est possible de trouver de tout en bio. La restauration rapide s'y met et par conséquent la junk food aussi.

La question que l'on peut se poser alors, si on choisit de consommer bio pour les raisons suivantes : 
-préservation de l'environnement
-préservation de la santé en évitant ou limitant les produits chimiques/artificels dangereux pour la santé
-maîtrise de la chaîne de distribution et meilleure rémunération des producteurs

Ou est l'intérêt de trouver tous les aliments hautement sucrés ou gras, c'est à dire la Junk Food en bio?
Car l'un des critères cités plus haut n'est pas respecté : préservation de la santé.
Retrouver bonbons et barres chocolatées en "bio" (ou bio vu au rabais...) ne nous fait-il pas retomber dans nos travers?

Et c'est là que nous arrivons à notre sujet :
 Changer les Règles

Pourquoi voudraient-on changer les règles? 

Sur les sujets qui nous concernent les cheveux naturels et consommer bio il peut y avoir deux réponses :
  • Changer les règles pour que le système soit en notre faveur et pour profiter de ce système
OU BIEN
  • Changer les règles pour changer le système
Les industriels de l'alimentation l'ont compris. Ils font en sorte de changer les règles pour qu'elles leurs soient favorables et pour continuer à générer des profits. Doit on leur en vouloir? Je ne sais pas...

Mais les industriels des cosmétiques l'ont compris aussi! Les industriels des cosmétiques sur le marché "afro" l'ont compris un peu moins vite mais réagissent vite!

Revenons donc à notre sujet de départ et à notre chronologie.
Les industriels cosmétiques sur le secteur afro s'adaptent. Ils n'ont pas encore bien compris quel type de changement est en train de s'opérer. Ils commencent à identifier les acteurs majeurs, la presse les y aidant un peu.
Ils ne comprennent pas très bien le degré de profondeur du changement qui est en train de s'opérer et ou cela va mener. Mais ils se font aider. Cette aide est apportée sciemment ou bien malgré les aidants qui pensent contribuer à ce changement.

Dans la première catégorie d'aidants, vous avez ceux qui veulent changer les règles pensant qu'ils vont changer les système de l'intérieur, mais consciemment ou non ils veulent en profiter. Ils ne sont pas prêts à attendre le nouveau monde car ils ne savent ce qu'ils vont en retirer. Ils veulent en profiter tout de suite. Ils pensent candidement apporter une aide précieuse à la communauté afro en leur vendant et exposant tous ses secrets sans prendre en considération les retombées économiques générales sur cette communauté.
Va-t-elle en retirer quelque chose à terme? Les nouveaux arrivants sur le marché trouveront-ils leur place?

Et puis vous avez la seconde catégorie qui clairement veut croquer sa part de gâteau et  qui s'associe aux grands groupes, car impatiente de profiter de ce système et non regardant sur les retombées générales sur le groupe auquel elle appartient. Tous les prétextes sont bons pour faire de l'argent. Et le mouvement du retour au naturel n'est qu'un prétexte, une phase ou une marche pour accéder à l'étape suivante.

Une des conséquences de ces deux comportements? L'envoi de messages contradictoires au public, au consommateur. Messages se contre-disant au fil des mois et des années. Des messages contraires aux actes parfois et vice versa.
En bref, une inconstance qui déroute les consommateurs. 
Consommateurs qui viennent justement vers eux en quête de changement. Mais ces consommateurs eux-mêmes savent-ils le type de changement qu'ils veulent?

Dès le début et notamment sur ce blog, le but était de mettre en avant les initiatives qui apportaient un changement, qui permettaient aux consommateurs de faire des choix éclairés.

Nos interventions sur des thèmes précis, tels que l'éducation capillaire des enfants et des parents, mais aussi l'apprentissage du choix des produits étaient pour aider dans ces choix.
Nous insistions aussi particulièrement sur le poids culturel et historique sur nos cheveux car c'est eux qui permettent de comprendre nos besoins et les erreurs à ne pas reproduire pour mettre en place un nouveau système plus sain.

Une des questions que nous posons par exemple est la suivante : Quel est l'intérêt de soutenir une gamme de produits  dits naturels et adaptée qui est vendue par une marque vendant des produits nocifs de l'autre côté? Economiquement quel est l'intérêt? Notre argent ne subventionne-t-il pas les produits nocifs? La question mérite d'être posée.

Nous avons participé ouvertement ou non à l'élaboration et la mise en place de projets, mettant à disposition nos connaissances et notre réseau.
Certaine collaborations continuent car nous avons choisi le même paradigme, d'autres ont cessé car ne correspondent pas aux changements que nous souhaitons voir. 
D'autres sont à venir.

Vous l'aurez compris à la lecture de cet article : 
Nous voulons changer les règles pour changer de système

Cela demande beaucoup de patience, d'abnégation et d'énergie. Changer un système est long et parfois compliqué surtout si vous devez composer avec les deux autres catégories de personnes qui n'aspirent pas au même changement.

Le plus dommage dans tout cela est que toutes ces forces réunie amèneraient carrément une révolution un monde différent dans lequel vivraient  nos enfants plus tôt que nous le pensons.

Mais chacun reste dans son coin pensant que l'autre veut profiter un peu plus que lui...chacun reste dans son coin n'étant pas prêt à écouter les remarques trop pressé d'atteindre son but...chacun reste dans son coin en se montant des préjugés sur l'autres afin de trouver un prétexte pour ne pas collaborer...

Voilà maintenant ou en est le mouvement pour le changement...

Aimer sa chevelure crépue est aussi un acte militant!

#LeDefrisageCestPasAutomatique

#NappyParty

vendredi 25 mars 2016

Mais où sont passés nos professionnels de la coiffure afro??

Avant de commencer cet article et rentrer dans le vif du sujet, sachez que nous allons relancer les rencontres "open mike" durant lesquelles nous allons nous rencontrer autour de sujets relatifs à nos cheveux et la manière dont nous les appréhendons, dont nous les traitons.

Le sujet de ce poste sera traité, je l'espère en présence de professionnels de la coiffure qui sont les premiers concernés et ont certainement des réponses à apporter aux clients ou ex clients que nous sommes.



La question que nous nous posons aujourd'hui est simple : Où sont passés les professionnels de la coiffure afro?

Le retour au naturel de plus en plus de femmes s'accompagne souvent des arguments suivants :
-manque de conseils ou conseils inadaptés de la part des coiffeurs
-des produits et pratiques inadaptés
-mauvaise gestion/accueil de la clientel
-tarifs inadaptés
etc...

Ces arguments pululent sur les réseaux sociaux, les événements dédiés et en face...rien..aucune réponse globale.

Voyons quelles réponses pourraient être apportées (du moins, celles que nous consommateurs attendons):

Présence sur les réseaux sociaux

Quoi de mieux que la preuve par l'image!
Coiffeurs, prouvez nous que nous avons tord! Montrez nous le résultat de votre travail. Les réseaux sociaux sont gratuits pour la plupart! Pourquoi n'y a-t-il pas de vidéos sur youtube, de photos sur instagram?
Et même, investir sur une séance photo, ne revient pas si cher. Les youtubeurs et blogeurs, eux investissent dans du matériel. et je ne pense pas qu'à leurs premières publications ils soient experts en photographie...au pire ils recrutent quelqu'un...

Pourquoi la majorité de tutoriels sont-ils faits par des amateurs? Ou plutot pourquoi sont-ce les leurs qui ont pignon sur rue? Il n'est pas question de juger ou sous estimer le travail qui est fait puisqu'il est dit plus haut que beaucoup d'entre eux investissent en matériel et en temps.

Présence physique

Pourquoi est-il si difficile, même en 2016 de trouver les adresses de coiffeurs afro et compétents en cheveux naturels? En 2003 ou 2007, j'aurais pu comprendre que la question se pose...
Est-ce en lien avec ce manque de présence sur les réseaux sociaux et plus largement sur internet?

Pourquoi ne sont-ils pas présents sur la masse d'événements qui s'organisent sur l'année? A défaut de prendre la parole lors de conférences ou expo, pourquoi ne pas prendre un stand pour explquer, montrer son travail, faire tomber les préjugés?

Sur les expo vente vous en trouverez certains, peu nombreux, mais surtout vous en verrez plus occupés à promouvoir une marque ou un type de produits que de vendre des prestations Le produit est au centre de la pretation et non la cliente et ses cheveux.

Certains ont entamé cette démarche de proximité, organisent des ateliers,v mais il faut aller plus loin. A défaut d'être au centre de Paris, il faut donner envie à la clientèle de se déplacer et pour cela elle doit avoir confiance.

Reconquête de la clientèle

Il semble que cela soit la clé pour améliorer l'image du coiffeur afro qui ne sait pas prendre en charge les cheveux naturels afro.
Le coiffeur qui vous fait poireauter une demi journée voir plus pour un résultat passable.
Le coiffeur qui vous charge en fonction de la masse de vos cheveux et/ou vous propose (force la main pour acheter) une gamme de produits qui ne convient pas.

C'est malheureux à dire, mais ils doivent faire leur preuve. Certains ont de bons retour de la part de leurs clients car ils ont tous compris (prise en charge à l'heure, boisson chaude et petits gateaux + conseils et diagnostics), mais ils sortent de l'oeuf et sont trop peu nombreux pour pouvoir répondre à la demande grandissante (j'en ai à vous conseiller!). Certains ont même travaillé à leur propre gamme.

Il est temps que les coiffeurs professionnels se réveillent. Car le vide n'existe pas dans la nature et encore moins en matière de business.
Des plate-formes d'échanges de services émergent, mais il ne s'agit pas pour la majorité de service proposés par les professionnels. Nous restons dans le dépannage, dans le bricolage.

Le revers du net et en particulier ces dernières années, est de donner l'illusion que tout le monde peut tout faire. Des spécialiste et des experts auto proclamés apparaissent. Des marques, s'engoufrent dans la brèche proposant du sponsoring afin d'accéder plus facilement à une nouveau public ou un public à reconquérir.

Tout cela nous pourrons en reparler de vive voix. N'hésitez pas à laisser vos commentaires sous l'article ou bien de réagir sur notre groupe (si vous en faites partie) sur notre groupe FB.

dimanche 20 mars 2016

Versatilité des cheveux afros...


Depuis un moment maintenant j'observe l'apparition d'un mot à la mode qui est la "versatilité" du cheveu afro.

Loin de moi l'idée d'être une mauvaise langue, mais ce terme est souvent associé à l'admiration portée au résultat suite à un lissage (la méthode n'est pas le sujet ici).

Ce mot m'a piqué les yeux des le début, car pour moi le mot versatile n'est pas un adjectif des plus "positif" ce qui me fait un peu tiquer lorsque je vois que certains rechignent à utiliser le mot "nappy" qui ui même désigne quelque chose de réel.

Je m'explique sur cette gêne que provoque ce mot : en effet, l'utilisation du mot "versatilité" en français que nous observons sur des postes de naturalistas (FB/youtubes, Insta etc...) est une traduction erronée.

En effet, en anglais, le mot "versatility" est un faux ami, comme disait nos professeurs d'anglais au collège ou au lycée.

Voici les définition que vous pourrez trouver dans le dictionnaire :

Définition en francais
VERSATILITE => du mot, "versatile", adjectif : "qui change facilement d'opinion (synonyme : changeant, inconstant, qui est sujet à des volte-face soudain"...défintion trouvées dans le larousse internet et  Le Robert de poche papier...)

Autant dire qu'il ne s'agit pas d'une définition très glorieuse et encore moins que l'on puisse attribuer au cheveu crépu. Je pense que si l'on doit utiliser ce mot dans son acception initiale pour désigner le cheveu afro, cela veut dire que l'on corrobore le fait que celui-ci est donc incoiffable et indomptable...

Définition en anglais
VERSATILE => adaptable, ajustable, all-purpose, flexible, functional, multifaceted etc...
(défintion TV5 et reverso sur le net)

Autant dire que l'on n'est pas dans le même registre que la définition en français et que l'utilisation de ce mot est plutôt positive.

L'autre chose qui me gène avec l'utilisation de ce mot est son association au lissage du cheveu afro.
Loin de moi la paranoia, mais ces commentaires admiratifs accompagnant un cheveu lissé, me sidèrent.
A croire que le lissage du cheveu est une manipulation extraordinaire.
A croire que cette diversité qu'offre le cheveu afro se résume à cette technique!!

Il me semblait que toutes les initiatives auxquelles nous assistons avaient pour but de montrer autre chose à défaut de se débarrasser définitivement de cette technique!

La leçon à tirer de ce petit cours, est qu'il faut absolument arrêter de suivre les modes flash lancées dans la nappysphère et surtout si l'on suit de près ce qui se fait chez nos amis anglo-saxons : vérifiez la défintion des mots utilisés.
Comme vous pouvez le constater plus haut, un petit clic sur le net ou un dico classique, remet les choses bien souvent à leurs places.

Si vous souhaitez louer la diversité des coiffures possibles sur cheveu afro, évitez ce mot, il y en a tant d'autres en français!!

lundi 11 mai 2015

Parce que nous le valons bien...mais surtout...Parce que nous valons plus que cela



Ce billet d'humeur je l'ai lu lors de mes précédentes interventions. Et je compte le lire aussi souvent que possible afin de passer ce message et faire entendre ce coups de gueule que nous sommes nombreux à partager.

Il n'est pas question ici de mettre tous le monde dans le même panier, mais surtout relever des paroles et des intentions qui se révèlent dangereuses. Il s'agit même de désinformation et de faire en sorte que le travail entrepris depuis plusieurs années maintenant ne soit pas ruiné pour des raisons uniquement commerciales et pécunières.

Voici le texte en question que vous pouvez reprendre sur vos blogs, profils fb, ou autre support (en n'omettant pas de citer la source svp!)

C'est un texte que j'ai écrit suite au visionnage d'une intervention télévisée d'un représentant d'une grande firme cosmétique durant laquelle le monsieur prétend que le défrisage des cheveux des petites filles est pratique, qu'il permet d'éviter les alopécies de tractions du au  coiffage quotidien qui prendrait 1h à 1h30...(je résume hein...).

Cette vidéo date de 2011, certes. Depuis, sur ce même plateau c'est une dame qui est venue représenter la marque. Mais ce n'est pas une raison pour laisser passer. Il est vrai que depuis 2011 l'eau a coulé sous les ponts et depuis nous avons droit à des publicités TV pour les produits défrisants! La plupart des grandes marques de supermaché ont leur gamme dite "ethnique" (quoi que ce mot devienne un peu tabou). La cerise sur le gâteau est tout de même ce kit de défrisage non permanent qui permet de passer du défrisage au naturel en un clin d'oeil (soit disant, car je n'ai pas testé et ne compte pas le tester).

Ce qui me désolé c'est tout le crédit donné par certaines rédactrices de blog qui en font la promotion.

Avec toutes les marques à destination exclusive du cheveu afro, conçues et étudiées pour, par des femmes noires et souvent naturelles, je trouve cela dommage d'encore et toujours faire place nette pour les mastodontes qui n'en ont pas besoin, sauf pour conserver leur place de leader, qui vascille clairement.

Je vous mets le lien d'une blogeuse qui a tenu a répondre et donner des précisions dans un coup gueule suite à la rotation de cette vidéo en mars dernier de la vidéo incrimininée : ICI

En bref, voici le texte, ce manifeste par lequel nous voulons dénoncer tout cela! Bonne lecture!!

  • Nous femmes, hommes, parents, consommateurs et noirs refusons le mensonge qu'il soit par omission, volontaire, par exagération ou désir de plaire. Nous revendiquons le droit primaire de veiller à notre santé et le droit de protéger celle de nos enfants
  • Nous revendiquons le droit d'élever et d'éduquer nos enfants et particulièrement nos filles afin qu'elles ne soient pas considérées comme des portte-feuilles ambulants dans lequel n'importe quel groupe industriel cosmétique peut venir piocher au motif que son buget alloué à ce « plaisir » soit 7 fois supérieur à celui d'une autre femme non-noire.
  • Nous ne pouvons tolérer qu'à une heure de grande écoute et sur une chaine du service public, sous prétexte de promotion, que le produit « défrisant chimique » soit présenté comme la solution miracle pour coiffer les cheveux des petites filles. 
    Qui parmi les « marchands de cosmétiques » est capable de nous garantir l'inocuité de ces produits à moyen ou long terme ??
  • En tant que mères, la majorité d'entre nous a pratiqué le défrisage plus ou moins régulièrement à partir de son adolescence, voir son enfance. Cela n'a pas forcément été notre choix. Mais nous somme bien placées pour connaître les conséquences à moyen et long terme : casse des cheveux, brûlures du cuir chevelu, alopécie temporaire ou définitive, démangeaisons, diverses problèmes du cuir chevelu... Certes, le résultat escompté est là : les cheveux sont lissés, mais à quel prix ??
  • Il est temps pour nous de lutter contre les préjugés véhiculés depuis maintenant trop d'années sur les cheveux crépus, de lutter contre l'idée que des produits miracle existent.
  • Nous, mères, pères, femmes et jeunes filles qui depuis quelques années maintenant nous mobilisons pour le réapprentissage des bons gestes, la recherches des bons produits, et des bons outils, ne souhaitons pas reproduire les schémas de hiérarchie de beauté imposé depuis de trop nombreuses années.
  • Devons-nous rappeler ce qu'est être une femme ?? : un être humain qui depuis trop longtemps maintenant doit justifier de sa position dans la société, dans le monde du travail, au sein de sa famille, se plier aux diktats changeants de la beauté et de la mode, donner la vie, subvenir aux besoins de sa famille...Tout cela nos filles devront l'assumer en étant noires.
  • Etre femme et noire c'est aussi porter le poids d'une histoire dure et douloureuse durant laquelle l'estime de soi a été malmenée, piétinée, rabaissée.
  • Rappelons aussi nous que la pratique du défrisage systématique du cheveu crépu est reconnu par l'UNESCO comme séquelle de la traite négrière !
  • Nous parents, femmes, hommes, jeunes fille devons rappeler aux marchands de cosmétiques » qu'il ne suffit plus de labelliser leurs produits avec la mention « ethnique » ou de rhabiller leurs flacons aux couleurs éthniques, tout comme certains le font déjà en rhabillant leur flacon de vert pour les transformer en produits naturel ou bio.
  • Puisque c'est sur nous qu'est rejeté la responsabilité de deviner, de connaître l'impact des produits que nous utilisons sans pour autant avoir la possibilité d'avoir un accès libre aux compositions (sous couvert du « secret de fabrication »), faisons bloc, soyons encore plus vigilents, soyons encore plus exigeants !
    Appliquons le principe de précaution.
  • Nous parents, hommes, femmes, jeunes femmes avons un devoir : celui de protéger les générations futures, d'êtres des consom'acteurs, également prêts à y mettre le prix, mais seulement si les produits le valent bien !!

Parce que nous la valons bien,
 parce que nous valons plus que ça !


dimanche 21 décembre 2014

Je fais ce que je veux avec mes cheveux?




Cet article moisit dans mes "brouillons" depuis le mois de septembre... je me suis laissée emportée par l'air du temps, mais aussi par des choses à faire par-ci par-là...

Mais cette fois, on y plonge pour de bon!

Cet article, comme beaucoup d'autres avant lui sur ce blog, éclot suite à une accumulation. Et souvent cette accumulation m'amène à être saoulée, énervée, agacée...

Ce sont pour certain des choses anodines, mais qui en réalité ne le sont pas et sont justemente le reflet d'un mode de pensée ambiant et souvent malsain ( à mon humble avis).

C'est vrai qu'à force d'avoir attendu pour écrire, certaines choses sont devenues floues, peut être obsolètes...

Mais en gros, il y en a un peu assez des commentaires inutiles sur telle ou telle pratique capillaire de telles bloggeuses, chanteuses, ou anonymes.
Ce qui est un peu agaçant n'est pas le fait que chacun peu avoir son opinion, ni même le fait qu'il l'exprime, mais tout est dans la manière.

Le fait d'être caché derrière son clavier, permet à certains/certaines des familiarités, voir pire d'insulter, de manquer de respect à des personnes qu'elles ne cotoient ni de près ni de loin.

Certain(e)s sur le net sont très loquaces et même aboient très fort! En fait, personne ne nous a prévenu mais il existe une police du net!

Alors, même si vous avez des convictions plus ou moins rigides, sachez que tout le monde n'est pas enclins à être d'accord et pour diverses raisons.

Il n'est pas interdit de donner son avis, loin de là! Mais comme j'aime le répéter : "il y a des manières de le dire".
Essayons de faire preuve d'empathie et de diplomatie face à quelqu'un qui n'est pas d'accord avec soi.
Usons d'arguments, et si l'on voit qu'en face, les oreilles sont fermés ou qu'il y a mauvaise foi et bien laissons tomber. Pas besoin de surrenchérir...c'est une perte de temps et d'énergie.
Si quiconque demande votre avis, n'ayez pas peur de dire que vous n'aimez pas. Et si votre réponse ne plait pas, et bien tant pis. Pas l'a peine d'aller au-delà...perte de temps et d'énergie aussi...

Cela est valable aussi bien pour un(e) anonyme que pour une célébrité.

Si Beyoncé, ne veut pas peigner sa fille pour X ou Y raisons, que cela change-t-il nos vies? Peut être la petite craint-elle des cheveux, peut être qu'ils la trouvent jolie comme cela, peut être qu'ils veulent qu'elle profite de sa liberté et ne veulent pas lui infliger une séance de coiffure traumatisante, peut être qu'ils veulent faire eux-même et ne savent pas comment...

Si Tia (ou Tamera, je ne les connais pas plus que cela), veulent laisser pousser les cheveux de leurs fils, c'est leur droit!

Si une bloggueuse aux cheveux long veut raser ou couper, qui cela dérange-t-il?
Si une autre veut lisser, qui cela dérange-t-il?
Si untel veut colorer ses cheveux, défaire ses locks, ou en faire, quel est problème vraiment?

Critiquer telle gymnaste parce que ses cheveux sont défrisés, mal aprétés, ou est donc l'intérêt??

Une des seules choses qui peut être dérangeante, est si la dite personne se positionne en donneuse de conseil ou de leçon et subitement retourne sa veste, sans justification, évidemment, il y a possibilité de s'interroger, de l'interroger. Car à ce moment sa position peut influencer les lecteur, viewers, utilisateurs de produits.

Si la critique n'apporte rien au débat, à la compréhension d'une problèmatique,, ou tout simplement s'il s'agit d'emettre une critique non argumentée pour être méchant ou descendre quelqu'un parce que exposé, cela ne peut que porter préjudice à celle et ceux qui opèrent un travail de fond, de longue haleine pour changer des mentalités formatées parfois depuis des décénies, voir des siècles.

Le fait que nous restions bloqués sur l'aspect esthétique et cosmétique sans parler du fond du problème qui concerne les femmes noires avec leurs cheveux fera que nous resterons à subir des débats stériles entre les extrémistes du cheveu de tous bords (et oui il y a des extrémistes du lisse qui sont objectivement majoritaires lorsque l'on voit la difficulté pour revenir au cheveu naturel).

Pour mémoire l'UNESCO a reconnu la pratique du défrisage chimique systématique comme séquelle de la traite négrière. Cela veut tout simplement dire, qu'il ne s'agit pas de culpabiliser les gens lorsque l'on fait le rapprochement entre cheveux crépus et histoire, mais bien d'évoquer un sujet important, essentiel lorsque l'on aborde ce sujet.

J'irai même plus loin, traiter de sujet est essentiel, pour apaiser les esprits, déculpabiliser les femmes mais aussi les hommes qui sont tout autant victimes du poid de l'histoire.

Mais tout cela, c'est un autres sujet, nous aurons tout le loisir d'en discuter, en live, pourquoi pas!

mercredi 30 juillet 2014

Pourquoi la femme noire cachait-elle ses cheveux?


Je suis tombée sur cet article du blog américain Blackgirlonghair, que j'apprécie pour la variété des articles et sujets postés. Beaucoup des points de vu exprimés ne vont pas forcément dans le sens du vent : 


Dans cet article,  l'auteure y exprime sa surprise concernant certaines pratiques capillaires de l'époque en comparaison de ce qui se pratique en ce moment. Par exemple, "pourquoi dormons nous la tête couverte? Pourquoi graisse-ton nos cheveux?"
A ces question, les réponses sont qu 'entre autre,  le foulard permet de protéger du soleil, d'empêcher les insectes de s'y loger ou bien de cacher les problèmes capillaires courants de l'époque (surtout la période esclavagiste)  :  de type teigne ou alopécie.

Je dois avouer qu'en ne lisant que le titre j'avais deviné ce que j'y lirai (coup de bol peut être?) et que je n'y apprendrai surement pas grand chose d'extraordinaire comme laisse l'entendre le titre. Mais, comme dit l'autre, il faut toujours vérifier.
Non pas que je sache tout, mais disons que s'agissant de nos cheveux et d'une pratique respectueuse de leur nature, il y a des étapes à franchir et par lesquelles Nappy Party pense qu'il est nécessaire de passer.
Et  une étape primordiale est de se renseigner sur d'où l'on vient (pas seulement géographiquement, mais aussi culturellement et historiquement).

Pour les personnes qui ne connaissent ni le blog ni l'association, notre slogan est "Aimer sa chevelure crépue est aussi un acte militant", mais notre crédo est aussi : "Ce n'est pas qu'une histoire de cheveux!".
Car cette petite fibre frisée porte en elle le poids de l'Histoire des afro-descendants, leur Culture et leur mode d'Education, mais c'est aussi une histoire de Santé et les enjeux économiques sont effrayants.

Se pencher sur ces petites frisettes nécessite une vue d'ensemble ou tous ces éléments sont indissociables pour réhabiliter cette texture de cheveux aux yeux de tous et en particulier de ceux qui la portent.
Par moment, simplement en discutant avec les aînés de la famille, nous pouvons nous rendre compte que certains gestes sont transmis de génération en génération et que souvent ils s'accompagnent d'une explication culturelle ou historique.

Pour revenir au contenu de l'article qui revient sur une page de l'histoire des afro-américains, il évoque l'obligation pour les femmes noires et métisses de couvrir leur cheveux afin de ne pas offenser les yeux des non-noirs. Mais les femmes, à l'époque ont su faire preuve d'imagination et adapter/adopter le "Tignon" (nom de la coiffe obligatoire) à leur manière en le parant d'accessoires ou de bijoux ou bien en arborant des couleurs chatoyantes.

Tout ce qui y est évoqué dedans ne nécessite pas d'obtenir un diplôme d'historien ou de passer des heures à la bibliothèque. Tout est à portée de nos mains, en français ou en anlgais.

D'ailleurs, je ne peux résister à l'envie de vous diriger vers notre NappyBliographie, que nous étoffons au fil de nos lectures et des votre. Et puis, il n'y a pas que les livres en rapport direct avec les cheveux qui peuvent vous renseigner.

Se renseigner sur son histoire, sur la période esclavagiste et coloniale
En lisant les ouvrages se référant à l'esclavage ou la colonisation ou même tout autre ouvrage en rapport avec la culture afro hors continent, de nombreux éléments concernant le mode de vie des afro descendants y sont mentionnés (cuisine, habillement, coiffure, hygiène...). Car durant ces périodes là, souvent, le moindre détail de la vie de ces populations était réglementé, même ceux qui nous paraissent les plus anodins (par exemple pour les esclaves aux Etat-unis ou l'habillement requis était précis.

Parmi ces livres je peux vous citer "Congo square",  ou bien "Hair rising : Beauty, Culture, and African American women". 

Et puis, ce mouvement de retour au cheveu naturel n'est pas nouveau!Des personnes qui assument leurs cheveux au naturel, il en existe depuis la nuit des temps!
Bien évidement, cela fluctue selon les époques et modes de penser. Et si l'on doit comparer le phénomène actuel et ce qui s'est produit dans les années 60-70, l'aspect militant, revendicatif est beaucoup moins marqué.

Apprendre à se connaître et se libérer du regard des autres 
Lire n'est pas le seul axe d'apprentissage parmi les étapes nécessaires à franchir.
Lorsque l'on se libère du regard des autres et donc de leur jugement, notre horizon s'élargit. Nous devenons plus conscient de notre corps et des ses besoins.
Se connaitre peut demander tout une vie, mais il est possible de rattraper son retard.
Il est réellement nécessaire de se poser les questions concernant nos choix capillaires notamment, lorsque l'on décide de les maltraiter ou simplement négliger.
Nos cheveux font intégralement partie de nous, il ne s'agit pas seulement, d'une greffe posée là inerte et vide de sens. 
Tout comme notre peau et nos ongles, ils sont un indicateur pour notre santé. A défaut ou avant de revêtir une signification sociale et culturelle. Toutefois, les significations culturelles et sociales pour les afro descendants passe pour la grande majorité par les cheveux.

Ne pas donner de crédit à tout ce qui se dit ou s'écrit
L'éclosion, que dis-je l'explosion de la Nappysphère, engendre une diffusion massive d'informations (malheureusement pas assez de formation) et il est de plus en plus difficile de s'y retrouver. 
Comme nous l'avions dit l'année dernière dans cet article :"La Nappy sphère se fera(i)-t-elle acheter?", le nombre de vues sur un blog ou une vidéo de ne fait pas de son auteur un expert. Que ce soit en France, aux Etats Unis, ou en Angleterre, les auteurs partagent leurs expériences plus ou moins poussée, mais il n'est pas possible de parler d'expertise.
Il est absolument nécessaire de faire le tri dans toutes ces informations; d'être à l'écoute de son corps et de ses besoins afin de garder le cap fixé et ne pas devenir complètement submergée d'informations et de produits inutiles.
La grande erreur à ne pas faire est de s'identifier à autrui, mais une fois libéré du regard des autres, de leur jugement, les choix s'avèrent plus simples.

Et malgré ce que l'on pourrait penser, depuis quelques années émergent des spécialistes du cheveu crépu naturels qui ont ouvert leur salon.
N'hésitez pas à vous rapprocher de nous afin que nous vous orientions : nappyparty@gmail.com

Apprendre à manipuler ses cheveux, trouver les bons produits et les bons outils : aller au plus simple et faire preuve de bon sens
Une fois le tri établi dans ses ressources, que vous êtes surs de qui vous êtes et où vous souhaitez aller et aussi après quelque lectures de base, il est nécessaire de faire preuve de bon sens afin de répondre en priorité à vos besoins (sans oublier de se faire plaisir hein!).
En effet, de plus en plus de marques se penchent sur le marché dit "ethnique", et plus précisément du cheveu crépu. Ces marques cherchent à s'accaparer une niche ou au moins à s'y faire la part belle. Beaucoup se contentent de changer leur packaging, d'utiliser quelque mots clés sans changer leurs ingrédients ou sans pour autant proposer des ingrédients adaptés ou sains.
Il y a aussi autant de méthodes pour s'occuper de ses cheveux que de bloggers ou vloggers.
Permettez moi donc de vous recommander d'aller au plus simple et faire de bon sens : hydratation et protection sont ce dont vos cheveux ont besoin.
Ne vous laissez pas impressionner par tous ces selfies qui pullulent avec des afro énormes comme le soleil ou bien plus bouclés que crépus.
Tous les cheveux poussent, et si ça ne pousse pas, quelque chose ne va pas soit en terme de technique, soit de produits, soit de santé ou même tout en même temps.

En tout cas, s'il y a un message qui passe sans problème dans la communauté Nappy, c'est que la patience sera votre alliée!




mercredi 13 novembre 2013

Réponse amicale à DelaPopulace (et invitation)

Depuis quelque jours circule sur le net et notamment le fameux  réseau social au logo bleu et blanc, une vidéo postée par deux jeunes femmes représentant DelaPopulace.


Voici le lien de la vidéo :  ICI

Cette vidéo, comme on le dit, "fait le buzz". Elle est reprise, commentée et des réponses vidéos ont même déjà été postées. Les commentaires et réponses sont plus ou moins constructives.
Et comme l'on peut s'y attendre, connaissant le haut degré de sensibilité qu'est le sujet du cheveu de la femme noire, l'émotion et l'irrationnel y tient une part belle notamment dans les commentaires!

Je n'ai pas pour habitude de répondre sur le blog, et je me contente en général d'une réponse ou commentaire bref sur le groupe FB de l'association. Cette fois, je réponds de manière un peu plus développée, ce qui me permettra par la même occasion de refaire un lien avec une précédente vidéo qu'elles avaient posté et qui avait été aussi copieusement commentée : "Les fatou et l'auto-racisme".

La réponse que je fais ici, permet aussi d'établir une continuité avec les précédents posts:
-La nappysphère se fera(i)(t)-elle acheter?
-Pourquoi donc lutter contre le shrinkage?
-Coiffure protectrice se protéger de qui? de quoi?
-Je ne me défrise plus les cheveux mais je me lisse donc je suis?..

Voilà les points qui seront abordés dans les lignes suivantes :
  1. Education et prévention sur le défrisage, ou en sommes-nous?
  2. Pédagogie, empathie et cohérence pour faire passer un message
  3. Nappy Party persiste et signe dans un travail engagé bien avant la naissance de l'association
1-Dans la vidéo en question, DelaPopulace à  2min50 affirme que rien n'a été fait pour alerter sur les dangers du défrisage et ne comprend pas pourquoi. Cette affirmation est totalement fausse, car depuis que la vague a été lancée au début des années 200 et avec un peu de recherche, il s'avère que Juliette SMERALDA (sociologue) a écrit un livre intitulé "Peau noire cheveux crépues, histoire d'une aliénation". Dans ce livre l'auteure pointe l'aspect culturel et historique de la pratique du défrisage systématique. Elle a ensuite écrit un autre livre intitulé Du cheveu défrisé au cheveu crépu", regroupant le témoignage de femmes expliquant leur désir de retour au naturel. Et récemment elle a publié  "La poupée d'Isis" un livre destiné à  participer à l'éducation des petites filles et construire une belle image de soi.
Dans la foulée, des forums tels que Boucles et Coton, Cheveux Ebène, et des sites internets de conseil sont apparus. A l'époque les origines du défrisage et dangers ont été évoquées et largement débattus.

En 2005, Boucles d'Ebène inaugure la 1ère édition du salon avec des intervenants tels Juliette Sméralda, des spécialistes américains et anglais de la coiffure et l'importance de l'estime de soi en rapport avec les cheveux naturels. Et les fondatrices avaient, avant le salon, déjà initié des événements autour du cheveu crépu.
En 2013, la  4é édition du salon enregistrait environ 15000 visiteurs avec au programme des conférences, des ateliers et de nombreuses marques ainsi que des spécialistes.

En 2008, j'assistais à une projection organisée par l'ONG Label Beauté Noire sur l'éclaircissement de la peau. Cette ONG a d'ailleurs lancé il y a peu une campagne en collaboration avec la Mairie de Paris pour lutter contre ce phénomène et un article sur sa prochaine campagne est parue dans Le Parisien : voir ICI.
Toujours avec Label Beauté Noire, une conférence a été organisée en mars 2013 au Musée du Quai Branly sur les Bonnes pratiques capillaires, avec comme intervenant une dermatologue, Aline Tacite (Boucles d'Ebène) et une sociologue.

En 2010, Nappy Party a lancé le dîner débat autour du thème "Défrisage : Mode, pratique culturelle ou pratique aliénante". En 2008, nous sommes intervenus à Lille sur une conférence "Pourquoi et comment arrêter le défrisage chimique".
Nous avons lancé les 1er stages à destination des professionnels, et la Journée Coiffure Enfant en 2010.
Nappy Party est l'aboutissement de plus de 10 ans de militantisme et bon nombre de personnes que nous avons croisé depuis sont aussi engagées.

Le vrai combat est là : faire passer le message à ses proches (famille, amis). Et je peux vous garantir, ainsi que d'autres personnes, que cette histoire de cheveux est sensible, malgré tout ce qui existe maintenant.
Je vous laisse donc imaginer l'ambiance il y a de cela ne serait-ce que 5-6 ans et encore plus il y a 10 ans!!
Si les traces sont encore là, allez voir sur des sites tels que Grioo.com à quel point le cheveu crépu n'était pas glamour!!

Dire en 2013, que rien n'a été fait est simplement faux et n'est pas très respectueux pour tout ce qui a été fait jusque là.

2-Je vais maintenant aborder la forme sous laquelle est passée le message sur cette vidéo.
Il faut admettre que la mise en scène du début est touchante. Bon nombre de femmes ont du se reconnaître ou reconnaître l'une de leur proche. Une forme d'empathie est déclenchée et c'est ce dont elles ont surement besoin.
Là où nous sommes moins "d'accord", ainsi que d'autres personnes qui ont visionné et commenté la vidéo, est le ton qui est employé.
Comme mentionné plus haut, le sujet est sensible, et il ne faut pas se laisser avoir par l'ambiance qui règne autour de nous qui sommes au fait et entouré de personnes qui trouvent normal le cheveu naturel crépu.
Car malgré notre sentiment  de nombre élevé, nous restons minoritaires!!
Lorsque l'on s'aventure sur un sujet  aussi sensible, il faut faire preuve de pédagogie et parfois y aller avec extrême douceur. Cela peut prendre du temps. Et cela je l'ai appris à mes dépends, même après la rédaction d'un de mes premiers articles.
Il faut surtout savoir se mettre à la place de l'autre, car combien de femmes "chemical-free", combien d'entre nous l'ont été toute leur vie, et même parmi elles, il y en a une grande majorité qui a quand même intégré cette hiérarchie des beautés du cheveu et qui ont passé leur vie à cacher les leurs.

Ce qui aurait donné une plus-value à la vidéo aurait été de revenir sur les propos tenus dans la précédente vidéo "Les fatous et l'auto racisme"  à 11min58 (notamment que si une fille veut porter des lentilles bleues, un tissage etc). Ces propos sont en contradiction avec ce qui est affirmé aujourd'hui. Un petit mot pour expliquer ce qui a amené à changer de discours aurait permis à beaucoup de femmes en transition ou en passe de l'être, de se reconnaître

Tout cela pour dire, que le ton accusateur de la vidéo est inapproprié. Celui qui visionne peut se sentir agressé et donc se braquer et donc...ne plus écouter. Le message passe alors à coté de sa cible.
Je comprends l'aspect coup de poing qui a voulu être donné toutefois.

Pour faire passer un message sur un sujet sensible, il est donc nécessaire de faire preuve d'empathie, de pédagogie et de cohérence. Et cela n'est pas facile, je peux vous l'accorder.

3-La vision de cette vidéo, permet aux membres fondateurs de Nappy Party de dire qu'ils persistent et signent dans leurs actions et leur militantisme engagé bien avant le blog et l'association qui ne sont que des outils en plus.

Nous persistons à utiliser le mot "militantisme", car rester soi même, s'affirmer tel que l'on est dans une société qui ne nous accepte pas totalement, s'affirmer dans un groupe de population qui ne s'assume pas et ne se reconnaiît pas, voir pire, qui est capable de rejeter les sien, il faut une dose de militantisme.

Militer ne signifie pas forcément aboyer dans la rue le poing levé et rejeter ce qui est différent de soi.
Militer c'est s'affirmer contre les préjugés quelqu'en soient les auteurs.

Pour conclure, cet article n'est pas une leçon de morale ou de militantisme. il s'agit là de remettre les choses dans leur contexte et à leur place, comme nous souhaitons le faire dans nos précédents articles.
De plus, lorsque l'on souhaite s'engager et quelque soit la cause, l'une des premières choses à faire est de savoir ce qui éventuellement a été engagé ou ce qui est en cours afin d'éviter d'éparpiller les forces ou d'affirmer que l'on est pionnier pour ensuite être décrédibilisé.

Nous invitons DelaPopulace, si cela les intéresse à nous rencontrer lors de la 3e édition de la Journée Coiffure Enfant ou à relayer l'information concernant cette action. Nous pourrons ainsi échanger sur l'avenir de nos enfants.



        


mardi 1 octobre 2013

Plus de défrisant chimique mais je lisse mes cheveux, donc je suis?...

Ce présent article fait suite à celui écrit sur la Nappysphère se fera(i)t-elle acheter et celui sur les coiffures dites "protectrices"



Voilà une question qui est soulevée de plus en plus fréquemment et particulièrement lorsque la notion de "être naturelle" est abordée pour montrer les différences de conception entre les USA et l'Europe, plus particulièrement entre la France et les USA.

Bien entendu, à Nappy Party nous avons un avis là-dessus, qui se base, non pas sur un positionnement idéologique, mais sur un état de fait.

Pour commencer, voici tout simplement les définitions du mot NATUREL retrouvé dans les dico les plus populaires (nous vous invitons aussi à venir poster les définitions que vous aurez trouvé) :

Dico TV5
Naturel (adjectif) :
Qui appartientqui est conforme à la nature.
Qui vient de la nature.
Qui n'est pas artificielqui n'est pas falsifié.
Conforme au bon sens.
Qui n'est pas affectéattitude naturelle.
Histoire naturelle

Larousse : ICI

J'ai pris le soin de mentionner la définition de plusieurs sources afin de ne pas être taxées d'avoir pondu cette définition de mon imagination. Il me parait important de donner cette définition, car ce qui va suivre dans cet article est le reflet de ce que je pense de toutes ces tendances que j'observe dans la Nappysphère.

Nous tenons aussi à faire la différence dans le sujet que nous souhaitons aborder, entre modifier la nature de quelque chose et modifier l'aspect de quelque chose. Car en effet, certains vont être jusqu'au-boutistes et ne pas tolérer la coloration (ce qui n'est pas incohérent en soit, mais nous parlons ici du lissage).

Au regard de la définition donnée plus haut, une fois lissé, le cheveu n'est plus dans son état naturel/d'origine et ce quelque soit la technique utilisée.

J'ai cru remarquer qu'augmentait le nombre de publications à ce sujet de la part de Naturalistas aux cheveux lisses. Il y a entre autre une page US sur FB  qui en gros se nomme "Je me lisses les cheveux, mais je ne me défrise pas". Je n'ai pas le nom exacte, mais en gros l'idée est là.

Le but n'est pas de faire le procès de ceux qui préfèrent telle ou telle texture, ou telle ou telle technique, mais bien d'analyser ce manque de cohérence voir de lucidité de la part aussi bien des pro-naturel que des lissés. Et bien entendu, nous parlons surtout du lissage systématique, du lissage répétitif.

Le but ici est bien d'être conscient de ses actes et de la portée de ses actes.
Nous estimons que non seulement banaliser le geste du lissage mais surtout le justifier avec des arguments qui ne tiennent pas debout, fausse la capacité de jugement des lecteurs ou spectateurs.

Cela me pose un problème à titre personnel, car ce genre de démarche nourrit une certaine ambiguïté.
Il me semble que l'on s'éloigne du fond du problème, comme malheureusement je le constate depuis un certain temps déjà.
En effet, ne plus utiliser de produits chimiques pour se lisser de manière systématique est déjà un grand pas, ne serait-ce que du point de vu de la santé. Mais se lisser les cheveux mécaniquement et de manière systématique ne veux pas dire que cela est anodin comme certaines veulent le laisser croire. Le pire dans tout cela c'est l'apparition de photos de plus en plus nombreuses d'enfants qui se font lisser non chimiquement (lissage au sèche cheveu ou pire à la pince céramique).

Cela n'est pas anodin pour les raisons suivantes : 
Aspect du cheveux
Pratiquer le lissage en mode blow-out ou pince céramique à de mauvaises températures ou même trop fréquemment (et là justement se pose le problème d'une tête à l'autre) peut altérer définitivement l'aspect du cheveu crépu tout comme le ferait un produit chimique. J'ai déjà entendu des cas de personnes obligées de couper à nouveau la partie lissée pour retrouver leur aspect "Naturel" et Ansylla Ramsey a eu une cliente à elle qui a dû Big choper à nouveau car ses cheveux ont été abimés définitivement. Il ne s'agit pas d'un cas isolé par-ci par -là.

L'apparition des lissages "exotiques" (japonais, brésiliens)  présentés comme inoffensifs est un exemple criant nous obligeant, avec le recul, à rester toujours en éveil. Depuis, nous savons que certaines marques sont interdites sur le sol européen et que pour la santé ce n'est pas si anodin (ingrédients plus que douteux)

Education
L'enfant lui, ne cherche pas à comprendre le pourquoi du comment, c'est à dire quel mécanisme a mené au lissage des cheveux. Ce qui importe pour lui est le résultat. Et le résultat, cheveux lissés chimiquement ou pas, est que le cheveu est lisse. Comment justifier de ne pas lui autoriser d'avoir les cheveux lisses? Comment éviter de nourrir son rejet du cheveu crépu ou son envie d'avoir des cheveux lisses et qui volent au vent lorsqu'il saute?
Pour celles qui ont déjà du mal à se défaire des préjugés sur les cheveux crépus ou celles qui ont vraiment du mal à se débarrasser des mauvaises habitudes et qui ont du mal a entretenir leur cheveux "au naturel", est-ce une bonne image à leur renvoyer? Est-ce nécessaire de leur faire envie avec une pratique qui n'est pas si accessible?

Entretien du cheveu
Comme mentionné plus haut, le lissage à chaud nécessite de prendre certaines précautions sur la température, mais aussi sur la fréquence, ainsi que l'entretien pré et post lissage. 
Avant de se lancer tête baissée dans cette pratique, il vaut mieux être équipé en produit mais surtout il faut connaître ses cheveux et leurs besoins.

Cette apparition du lissage s'accompagne de choses telles que le check-length, c'est à dire la mesure de la pousse des cheveux et souvent le lissage est pris comme prétexte pour effectuer cette mesure. Mais à notre humble avis, pour mesurer ses cheveux ce n'est pas sorcier! En se coiffant quotidiennement, on se rend bien compte de la pousse des cheveux, ne serait-ce que grâce à un élastique qui ne tenait pas quelque semaines avant ou bien des cheveux qui retombent dans les yeux lors de vanilles.
Une astuce toute bête consisterait à se prendre en photo régulièrement avec la même coiffure pour se rendre compte du résultat. 

Pas besoin de règle ou autre instrument de mesure pour faire un point d'étape.

Certains pourraient nous qualifier de Nappex (Nappy Extrémistes), ou bien de HairNazi et dans ce cas, je le invite à relire ce post et indiquer clairement à quel moment nous interdisons ou imposons quoi que ce soit à qui que ce soit.

Pour aller plus loin, est-il même nécessaire de vouloir mesurer ses cheveux? L'essentiel n'est-il pas d'avoir des cheveux en bonne santé??

Bien entendu, si vous n'êtes pas d'accord, vous êtes libres de le faire savoir.

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